vendredi 11 février 2011

Critique d'équipement : Sac à dos d'expédition Arc'teryx Bora 95

Lors de notre expédition au Mont Logan en 2009 et pour la prochaine expédition sur le Denali en 2011, l'équipe MounTo devait trouver un sac d'expédition  avec une construction solide, une capacité de chargement élevée (pour ne pas dire monstrueuse), pratique et confortable même avec les charges les plus lourdes. L'équipe a donc arrêté son choix sur le sac d'expédition Bora 95 de la compagnie canadienne Arc'teryx.
Alexandre (avec son Bora 95) et François en route
vers le camp 1 du Mont Logan en 2009
Sac le plus volumineux de la gamme de sacs à dos chez Arc'teryx, il prend sans problèmes le volume et le poids nécessaires à une expédition en climat arctique ou à une sortie de camping d'hiver. Toutefois, le choix de ce sac n'est pas à négliger pour l'utiliser en trek lorsqu'une grande capacité de chagement est requise. Ce sac est disponible dans trois grandeurs de dos et les bretelles ainsi que la  ceinture de taille sont interchangeable  afin que l'ajustement du sac de l'utilisateur soit le mieux possible. L'utilisation de deux densités de mousse dans les bretelles donne un confort inégalé, peu importe la charge du sac. De plus, afin de stabiliser et de mieux répartir la charge sur les hanches, la ceinture de taille du Bora 95 possède deux sangles supplémentaires qui sont directement reliées à deux tiges en composite placées latéralement à l’armature d’aluminium.  Ce système augmente considérablement la stabilité et l’efficacité de l’armature en V bien connue sur le Bora 80 et les autres volumes existant auparavant dans la série Bora-Briza.
Le sac est extrêmement bien conçu autant par le choix de tissus très résistants à l'abrasion (le bas du sac est doublé pour augmenter sa résistance) que pour une durabilité exceptionnelle au niveau des fermetures éclair que des coutures. Le sac possède une très bonne résistance à l'eau et la neige avec le déperlant (ou traitement DWR[1]) qui a été appliqué sur les tissus en combinaison avec les fermetures éclair WaterTight (technologie aussi retrouvée dans leur gamme de manteaux) qui sont aussi résistantes à l'eau, la neige et la glace. Pour ceux qui seraient intéressés par un sac imperméable, extrèmement résistant et plus léger d'un volume semblable, il existe dans la gamme AC2 d’Arc'teryx le Naos 85 litres.
  
La cavité occipitale d'un sac de
la série Bora
L'intérieur du sac a aussi été pensé de façon à pouvoir mieux voir le contenu avec la présence d'un tissu vert clair à l'intérieur qui réfléchit la lumière du jour ou celle de votre lampe frontale. D'autres fonctions pratiques sont aussi intégrées au sac tel un zip d'accès dans le bas du sac (avec une section refermable pour faire un compartiment idéal pour le sac de couchage) et un autre sur le côté pour accéder au contenu sans toutefois être obligé de le vider de celui-ci. Six sangles de compression permettent pour leur part de réduire le volume du sac si nécessaire et d'accrocher différents items sur les côtés. Pour leurs part, deux daisy chains et les deux porte-piolets permettent d'accrocher tout le matériel nécessaire à l'extérieur du sac. La poche kangourou (kangaroo pocket), qui est séparée du compartiment principal, permet le rangement d'items comme une pelle à neige ou de la sonde d'avalanche et d'un manteau pour y avoir accès rapidement. Finalement, la cavité occipitale qui permet de laisser un dégagement à l'arrière de la tête même avec un casque ou le capuchon d'un manteau permet une bonne liberté de mouvement.

La dernière fonctionnalité intéressante est que le sac de tête, dans lequel se range le sac d'hydratation, s'enlève facilement et rapidement pour se transformer en sac de taille avec une ceinture de taille en sangle déjà intégrée. Cela permet d'avoir un sac idéal pour une courte excursion ou un summit push ultraléger.

Comme toute bonne critique se doit d’être constructive, il faut aussi noter quelques modifications qui seraient appréciées des utilisateurs. D’une part, les nouvelles poches pour bouteilles ergonomiques instaurées en 2007 sont assez pratiques pour les bouteilles régulières, mais perdent un peu de leur utilité en condition hivernale. Il serait plus avisé d’en conserver une, d’un côté seulement, tout en réintroduisant la wand pocket, plus large et spacieuse, de la dernière génération de Bora (2004-2006) de l’autre côté. Ceci permettrait aux alpinistes et randonneurs le transport plus efficace de pièces d’équipement longues qui se porte sur le côté du sac. Notons, par exemple, les pôles de tentes, les piquets à neige et autres objets qui se placent bien dans ladite wand pocket plus large du Bora 95. De plus, la longueur des sangles d’attache pour matelas de sol devrait être augmentée d’un bon 10 cm (4’’) pour donner plus de facilité aux utilisateurs qui transporte un matelas en mousse à cellules fermées (Thermarest), comme c’est souvent le cas lors d’expédition en montagne. En terminant, la pochette interne dans la kangaroo pocket devrait avoir une ouverture plus pratique pour y glisser la main. L’ouverture devrait selon nous être munie du même type de fermeture éclair, mais positionnée légèrement en diagonale, ce qui rendrait l’introduction de la main plus facile jusqu’au fond de cette longue pochette. Aussi, le tissu employé du côté externe (vers la kangaroo pocket) devrait être élastique (tel le nylon-spandex Durastretch de Tweave utilisé dans les sacs AC2) pour rendre l’utilisation plus polyvalente.
En conclusion, le Bora 95 est une référence en ce qui attrait dans se type de sac et autant son confort, ses nombreuses fonctionnalités que sa qualité exceptionnelle de construction font de se sac le choix de l'équipe MounTo pour ses expéditions futures.


[1] L'abréviation DWR est utilisée en anglais pour le terme Durable Water Repellant

mercredi 5 janvier 2011

Légende de la création du Denali

Tout commença avec Yako, ancien shaman Athabasque, dont les pouvoirs transformaient les vilains hommes en animaux, en oiseaux ou en abeilles. Il pouvait aussi donner l'immortalité aux créatures de la forêt avec la reproduction printanière. Yako décida de partir explorer les terres connues, comme les terres des couchers de soleil dans les lointaines contrées de l'ouest afin d'y trouver une épouse. Lorsque, après plusieurs semaines à naviguer sur les eaux tumultueuses, son canot accosta sur la rive du village du chef Totson, une jeune femme au visage délicat et lumineux s'approcha alors de Yako pour lui donner sa jeune et magnifique fille afin qu'elle devienne son épouse.
Cette décision déplu fortement à Totson, chef de guerre des corbeaux[1], hargneux de nature et qui contrairement à Yako, trouvait du plaisir dans la souffrance de la mort des animaux et des hommes. Jaloux, Totson empoigna sa lance magique de guerre et l'aiguisa avant de se lancer à la poursuite de Yako sur les mers. Avec sa magie, Totson créa une tempête gigantesque sur le chemin de Yako pour le détruire, mais la grande connaissance de la magie de Yako lui permis de se créer un passage dans les eaux déchaînées où les vents et les vagues tentait de faire des fonds marins le lieux de son dernier repos.
Toujours dans sa quête de vengeance pour l'affront qu'il lui a été fait, Totson pris sa lance magique qui n'avait jamais manqué sa cible et d'une main ferme et la lança dans le dos de Yako. L'ancien shaman aperçu pourtant le reflet de la pointe de lance alors quelle atteignait le point culminant dans le ciel avant de retomber vers sa cible. Invoquant ses pierres magiques les plus puissantes, Yako généra une vague énorme dans le ciel pour dévier la lance magique du chef de guerre. Dans sa course vers le ciel, la vague se transforma en immense montagne de roche et la lance magique éclata en plusieurs morceaux lorsqu'elle frappa à proximité du sommet de la montagne. Au même moment, le canot de Totson frappa une arête effilée de la montagne et le chef de guerre se transforma en corbeau. Yako réussit à traverser la montagne en sécurité et à revenir en toute tranquillité vers sa demeure à l'est où il eût de nombreux descendants et décida de laisser aucune personne de son peuple posséder un esprit guerrier. Les indiens de Tena, descendants de Yako, nommèrent la montagne Denali ou la haute-montagne (the high one).
Source: Davidson, Art. (1969). Minus 148°: first winter ascent of Mt.McKinley. Seattle, The Mountaineers.


[1] Selon les représentations des Athabasques, l'oiseau qu'est le corbeau aurait créer la terre en prenant des rochers dans l'océan pour construire une île sur laquelle les montagnes et les forêts se seraient développées.

jeudi 9 décembre 2010

MounTo en Alaska!

L'équipe MounTo est fière de vous annoncer que l'année 2011 sera la chance pour nous de réaliser un autre grand projet. Du 27 avril au 4 juin 2011, nous allons tenter l'ascension du Denali (Mont McKinley) en Alaska. Plus haut sommet en Amérique du Nord, du haut de ses 6194 mètres, cette montagne s'inscrit dans la continuité du projet MounTo Logan 2009. Constituée de François Desrochers, Alexandre Lemay, Jonathan Morin-Émond et David Vachon, l'équipe fera l'ascension par la West Butress et tentera par la suite le West Rib pour relever le défi que constitue une voie technique en altitude.